Revus et augmentés par Serge Dreyer (Taïchung, Taïwan et Le Mans, France)
« Le sage montre du doigt la lune, l’idiot regarde le doigt ». Proverbe chinois
Quand Wang Yen Nien a mis au point ces exercices, il désirait maintenir vivant l’héritage de son professeur et rappeler à ses élèves taïwanais et chinois la nature martiale du taiji quan (communication orale en 1978 à Shihlin). Il considérait le tuishou comme un apprentissage essentiel du taiji quan. Mais l’évolution de la société taïwanaise comme dans beaucoup d’endroits à travers le monde avait relégué la violence des combats à mains nues soit dans l’enceinte sportive soit dans des lieux et des milieux marginaux (bagarres de gangsters, vendettas, etc.)
Bref, il a donc conçu des exercices dont certains avaient une utilisation pratique réalisable dans un affrontement de tuishou, sportif ou non, alors que d’autres visaient à un apprentissage de la synchronisation guère envisageable dans un tuishou libre (appelé aussi tuishou mobile). Je n’ai retenu que quelques exercices de cette série didactique.
Les principes suivants ont guidé ma présentation :
– Les exercices tels qu’enseignés par Wang Yen Nien répondent à un besoin d’apprentissage de groupe dont la grande majorité des membres à Taipei ne manifestent pas un intérêt marqué pour un usage efficace de ces mouvements. Cette attitude a considérablement influencé leur pratique dans l’Europe du Yangjia Michuan taiji quan.
– L’apparence des exercices correspond à un besoin de visibilité au sein du groupe de pratiquants. Cette apparence minore le souci d’efficacité voire l’oblitère complètement.
– Dans la pratique du tuishou non codifié qui se tenait dans le wuguan (salle de pratique) de Shihlin et plus tard de Taipei (Taiwan), ces exercices étaient pratiqués de manière formelle avec une perspective d’efficacité et de créativité très limitée. A Taipei dans les années 90, la prépondérance d’un discours prétendant valoriser un aspect ‘thérapeutique’ (non explicité en termes médicaux ou de manière ambigüe) du tuishou a considérablement édulcoré voire évincé ses applications réalistes.
Quelques considérations à propos de la situation du tuishou non codifié dans notre style:
– L’appauvrissement du patrimoine martial des années 70 a conduit des pratiquants de notre style de taiji quan à quitter l’école pour d’autres horizons où à s’enfermer dans une pratique sclérosée ignorant la richesse de la confrontation/comparaison avec d’autres styles de taiji quan.
– Or, en créant des exercices de base de tuishou, monsieur Wang indiquait ‘la direction de la lune’ (les principes) alors que certains(nes) pratiquants (es) tendent de nos jours à montrer du doigt l’apparente simplicité dévalorisante de ces exercices.
– En tant que pionnier de ce style de taiji quan en France et premier à introduire les exercices de Wang Yen Nien dans ce pays en septembre 1978, je voudrais rappeler combien ces exercices sont potentiellement riches de techniques efficaces. Il suffit d’y réfléchir, d’expérimenter et de systématiser leur usage. Si un certain nombre d’entre nous ont remporté des compétitions de tuishou libre au plus haut niveau que ce soit à Taïwan, en Europe, à Hong Kong,en Russie ou bien aux Etats-Unis ce n’est pas par miracle. L’un des fondements de ces performances réside dans certains de ces exercices et bien sûr leur interprétation par chacun.
– Compétition ou non, ces exercices me semblent présenter l’avantage fondamental de générer de multiples situations de tuishou qu’un seul exercice ne peut reproduire. Penser son taiji quan, retenir les leçons de l’interaction avec d’autres pratiquants quelle que soit leur école, transmettre avec un esprit d’ouverture et orienté à la fois vers l’efficacité sous-tendue par la créativité, ne pas craindre de perdre la face dans l’exposition au talent des autres révèlent parmi d’autres principes la richesse de ces exercices masquée par la simplicité des apparences. Chaque année les Rencontres Jasnières sont un exemple vivant de ces principes.
– Autre avantage considérable, le tuishou non codifié permet d’expérimenter de manière non figée des postures présentes dans les séquences de mouvements lents et ainsi leur donner vie. Sans avoir à ‘se fracasser’, n’importe quel pratiquant de taiji quan peut accéder via le tuishou à une compréhension en profondeur de la pratique des mouvements lents.
Par conséquent j’ai décidé de partager avec tous les pratiquants motivés par la pratique du tuishou mon expérience de 45 ans de tuishou non codifié sous forme de situations mises en regard avec certains exercices de monsieur Wang. Pour ce faire :
– j’ai sélectionné certains exercices qui font sens dans une pratique de tuishou non codifié. J’ai modifié leur aspect formel à partir du critère d’efficacité, en m’appuyant notamment sur certains principes couramment exposés dans les textes du taiji quan que monsieur Wang lui-même mettait en avant (fangsong, une partie bouge tout bouge, la taille (en fait le bassin) est le gouverneur, etc.). Je ne suggère en rien que la manière de pratiquer les exercices de base du tuishou du Yangjia Michuan taiji quan reconnue comme régulière dans notre style est erronée.
Ma présentation n’est qu’un parti pris dont s’inspireront ou non des pratiquants de notre style :
– certains exercices ne sont pas représentés, comme le peng-lü-an-ji car je les considère inopérants dans un tuishou non codifié. Il suffit d’observer des joutes de tuishou fixe ou mobile à travers le monde pour se rendre compte que ces combinaisons sont inapplicables dans une perspective d’efficacité.
– certaines techniques sont presque, voire totalement absentes comme le ji, le zhou. Je n’ai jamais vu le ji utilisé avec une quelconque efficacité en tuishou fixe ou mobile, du moins tel qu’il est pratiqué dans les écoles Yang. J’ai eu la chance de pratiquer des centaines de fois le tuishou mobile avec Wang Yen Nien mais je ne l’ai jamais vu l’utiliser. Par convention, les poussées en zhou ne sont en général pas pratiquées car dangereuses pour la santé: je n’en présente que quelques rares exemples dans cette présentation.
– puisque nous présentons du tuishou, toutes les techniques de jambe, de poing et de tête n’y figurent évidemment pas, là aussi par pure convention respectée dans la plupart des écoles.
– vous trouverez certaines mentions comme ‘exercice disparu’. En effet, quelques rares élèves de Wang Yen Nien pratiquaient assidûment ces exercices. J’ai eu la chance de les pratiquer avec eux et je tiens à les transmettre quand je considère qu’ils présentent un intérêt pratique.
– d’autres exercices sont de mon fait et sont indiqués SD ou bien sont empruntés à d’autres enseignants et sont donc indiqués avec le nom du créateur. Il se peut que les exercices SD existent ailleurs hors de ma connaissance : ils indiquent seulement qu’ils ne m’ont pas été transmis par une autre personne.
– avant de pratiquer le tuishou fixe ou mobile, il est recommandé de s’échauffer. Vous trouverez quelques exercices de ce genre à deux.
– les vidéos sont tournées par des amateurs qui ne se préoccupent ni de l’apparence vestimentaire, ni des autres aspects marketing d’une telle entreprise. L’objectif est le partage avec une pensée particulière pour celles et ceux qui n’ont pas d’enseignant de tuishou où qui sont confrontés à une volonté de cet enseignant de se cantonner au curriculum officiel. De courts textes essaient de suppléer à ce qui ne se voit pas dans ces vidéos : ils sont de mon entière responsabilité.
Je remercie vivement tous ceux qui ont participé au tournage (Sébastien Breton,Anne-Marie Mellot, Fabienne Poncin-Epaillard, Philippe Debarnot, Robert Lasne, Guillaume Patrie). Cette présentation est inachevée et se poursuivra autant que peut se faire.
Premier exercice de base : an à une main sur le côté de la poitrine.
1. Ce qu’il vaut mieux éviter de faire. Tout d’abord les bras sont trop tendus : le bras avant peut se trouver facilement contrôlé en clef au niveau du coude. Quant au bras trop en arrière, Sébastien n’aura pas le temps de le rabattre en cas par exemple d’une poussée sur la hanche. Mais le plus négatif est l’orientation du bassin qui ne correspond pas à la direction de la poussée.
2. Il en va tout autrement .
3. En fait ce mouvement correspond au ‘simple fouet’ de la forme.
4.Serge pousse Sébastien qui répond avec la même poussée. En théorie on est à égalité ; en pratique, la qualité de l’écoute et le réflexe feront la différence.
5.Mais si Sébastien répond en poussant sur l’axe de la colonne vertébrale de Serge, il aura l’avantage.
6. Gros plan sur une poussée vrillée. Noter le mouvement du bassin en observant l’épaule gauche de Serge. Idem, gros plan sur le poignet.
7.Sébastien est déséquilibré et se raccroche aux branches et enchaîne un contre en peng
8.(sous un autre angle)
On constate ici le problème des poussées trop longues ; pour Serge, l’idéal eut été de lâcher son bras juste après la poussée en particulier vers le haut. En théorie…tout va bien.
9. Variante en kao.
10,11. Variante en pince en diagonale mais faire très attention au bien-être du partenaire.
12. Contre sur la pince en diagonale avec un ‘triangle’ (épaule-coude-main de Serge13)
14.Variante de contre avec poussée sous le coude.
15.Encore plus sophistiqué.
16.Variante avec le mouvement du 1er duan ‘frapper à gauche/ à droite’’
Quelques applications du premier exercice de base :
17. Pince en diagonale suivie d’un ‘ficher la main’
18. Esquive avec main tranchoir suivi d’un peng vers le haut
19. Idem mais avec une autre combinaison
20. Idem avec attaque dans le dos en tirant
21. Idem mais en poussant le dos
17,18, 19, 20, 21. Vous noterez tout d’abord l’indomptable ténacité des protagonistes qui par environ moins 50 degrés, avec aucune vie autour d’eux, persistent à partager ces situations avec vous.
Deuxième exercice
22. Ce qu’il ne faut pas faire. Tout d’abord la jambe droite de Sébastien est écarté vers la droite ce qui signale une rotation incomplète de la taille donc une moindre puissance de la poussée et surtout un usage exagéré de la force du bras. De plus Sébastien est complètement fléchi sur la jambe avant alors que la poussée est en cours donc la masse du corps descendant dans le pied avant ne participe pas à l’efficacité de la poussée : on revient à la sempiternelle phrase des Classiques ‘Un partie bouge, tout bouge’.
23. Mouvement efficace.
24. Poussée ordinaire correcte. Observez bien l’index qui n’est pas vraiment collé au corps de Serge car la puissance de la poussée est répartie sur l’ensemble de la main
25. Poussée vrillée ; remarquez comment le pouce se rapproche de l’index ce qui indique une concentration de puissance plus importante sur la ligne de l’index. Ces poussées correctement effectuées sont beaucoup plus déstabilisatrices.
26. Même poussée vrillée mais sur l’axe de la colonne vertébrale
27. Variante basse avec feinte de poussée latérale. Prêter une grande attention au mouvement du bassin.
28. Variante en jouant avec la résistance initiale du poussé. Très intéressant pour des poussées courtes explosives mais assez difficiles à réaliser.
29. Variante avec lü.
30. Variante avec double poussée.
31. Variante avec poussée sous le coude.
32. Variante avec double poussée sur l’avant-bras
33. Variante avec poussée dans le dos
34. Variante avec poussée en suspension
3ème exercice de base :
Absorption d’une poussée sur la poitrine.
35.
36.
35,36. Ce qu’il vaut mieux éviter de faire. Le dos est soudé sans aucun mouvement de rétroversion du bassin. Dans des situations de tuishou réaliste quand on s’est fait piéger par la vitesse de l’adversaire, il arrive que cette manière de faire sauve la mise mais il est recommandé de ne pas en abuser car les lombaires s’entrechoquent.
37.
38.
37, 38. C’est la rétroversion du bassin qui joue le rôle principal. Et puis si c’est insuffisant, on recule ; ce n’est pas plus compliqué que ça.
On notera également le mouvement circulaire rentrant des bras qui permet d’entraîner l’adversaire un peu plus loin de son centre et de favoriser l’émergence d’autres enchaînements selon le principe de plus grande efficacité de l’hélice au lieu d’un simple mouvement vertical de soulever.
A noter également l’inutilité de monter très haut les talons qui contractent inutilement les mollets.
Les bras passent à l’apex du mouvement circulaire au niveau des épaules pour redescendre un peu plus bas de telle sorte que cette esquive est à tout moment changeante dans sa configuration.
39.En faisant gicler à partir de la ligne de l’index (voir détail en 40), Sébastien peut esquiver sans craindre un enchaînement de poussées latérales de Serge.
40.Détail sur une main du dégagement efficace.
41. On voit ici combien à dégagement à la verticale rend fragile l’équilibre de Sébastien.
42. Enroulement mains serpent. Observez bien la position finale des bras de Sébastien qui le rend plus vulnérable à une poussée de Serge.
43.
44. A mettre en regard avec 42.Le lü est possible mais moins efficace. Toujours l’histoire en jeu des leviers.
45. Enchaînement en an sur la poitrine. Statistiquement, on pourrait affirmer que ce type de poussée est plus efficace à partir du moment où les mains esquivent au moins au niveau des coudes de l’adversaire mais évidemment bien d’autres facteurs peuvent jouer (temps de réaction, réflexe naturel des uns et des autres, etc.).
46.Variante avec poussée sous les coudes.
47. Variante avec le mouvement ‘rapporter le tigre à la montagne’.
48. Variante avec clef mains-buste
49. Variante avec lü à 2 mains en reculant.

50.Sébastien plie mais avec la hanche droite en avant de la gauche : c’est une indication pour le pousseur d’un axe potentiel de résistance.
Important : les bras sont pliés formant presque des angles droits. Très souvent les bras sont étendus vers l’avant formant presque 2 lignes. En cas d’une absorption insuffisante au niveau du ventre, projeter ainsi les bras en avant risque d’induire un mouvement contraire à l’absorption.
Les bras pliés à ‘angle droit’ correspondent à un principe fondamental dans le tuishou à savoir accepter pleinement la poussée de l’adversaire pour ensuite mettre au point une contre-attaque en fonction des possibilités offertes par la situation. C’est une application dans le tuishou de ce fameux ‘non-agir’ (wuwei) si cher à la pensée chinoise.

51.Les hanches sont alignées par rapport à la ligne du bâton. Sébastien se réserve ainsi la possibilité d’une esquive soit par la gauche soit par la droite sans livrer au pousseur une quelconque indication sur son contre potentiel.

52.La position de la main sur cette poussée n’est pas à recommander car elle met une forte pression sur la ‘bouche du tigre’, l’espace entre le pouce et l’index. Répétée régulièrement, elle provoque des traumatismes de la main bien connue des compétiteurs ignorant ces dangers.
Qu’elle soit utilisée en démonstration quand la poussée est essentiellement mimée peut être acceptable physiquement malgré qu’elle soit un mauvais exemple pour les poussées réelles en pleine puissance.

53.Le pouce ‘collé’ à l’index rend ainsi cette poussée non seulement plus sûre pour la santé de la main mais en augmente également la puissance car l’énergie est concentrée sur la paume
54.Cet exemple d’utilisation de la main crochet, présente dans le mouvement ‘le simple fouet’, montre le potentiel d’utilisation de cette technique dans le tuishou sans avoir à être contraint par la forme. Inutile ici de fermer les doigts en ‘bec de poulet’. On retrouve là l’exigence d’une grande mobilité du poignet qui malheureusement n’est guère travaillée dans nos séquences de mouvements lents.
Le crochet réussi il est suivi d’une main serpent qui pousse sous le coude de l’adversaire. Excellent travail sur les mouvements héloïcodaux qu’on aimerait voir plus présents sous diverses formes et sous diverses amplitudes dans les séquences de mouvements lents ;
On notera l’importance de la phase d’absorption par rotation afin de créer un vide permettant d’enclencher la main crochet.
55. Variante de 54
La main serpent est suivie d’une poussée avec le poignet ce qui libère la main au cas où. Le principe énoncé par Wang yen Nien ‘tout ton corps c’est des mains’ ou bien la formule de Zheng man Qing ‘oublier les mains’ est ici à l’œuvre.
56. Variante de 55
La poussée sous la forme ‘peng’
57. Idem mais vu de l’autre côté.
Noter l’action du bras gauche de Serge.
58.Main crochet vu du dessus. Noter la main du peng détendu qui montre que la puissance de la poussée est bien proche du coude.
59.Focus sur la main crochet. Noter les doigts ouverts et la pression avec le poids du haut du corps de la main gauche de Serge sur le poignet droit de Sébastien.
60. Esquive latérale en lü. Noter la rotation du pied droit de Sébastien qui suit le bassin. Cette technique requiert une grande précision au niveau du timing car si Guillaume est assez puissant pour bloquer la rotation du bassin de Sébastien alors ce dernier risque de favoriser la poussée de Guillaume dans un mouvement contre-productif.
61. Variante de 60 en ‘lie.’ Ce ‘lie’ est fait sur le poignet de Guillaume sinon il est impossible à placer. On a ici la règle du levier : tout mouvement porté sur l’extrémité des bras de l’adversaire est plus difficile à contrôler par ce dernier. Un exercice simple pour comprendre cette notion consiste pour un partenaire à étendre les deux bras tandis qu’une autre personne appuie vers le bas sur ses mains ; si on répète l’exercice en pressant les bras cette fois-ci, il est facile de comprendre les différences de résistance.
Noter la rotation complète du corps de Sébastien du début à la fin.
62. Variante de 60.Poussée vers le haut et vers l’avant
63. Variante de 60. Poussée en ‘peng’
64. Variante de 63.Vu de l’autre côté. Noter que la puissance de la poussée se concentre près du coude ;
65. Variante de 60. Avec clef
66. Pince en diagonale. Noter l’importance de la rotation de tout le corps de Sébastien sinon Guillaume pourrait s’ancrer à partir de sa main droite et voir sa poussée favorisée par la supposée esquive de Sébastien.
Au contraire, avec un bon timing, c’est-à-dire avant que Guillaume ait pu percevoir l’intention de Sébastien, on a ici une clef du bras droit de Guillaume ajouté à une rotation, renforcée par le mouvement vers l’avant du bassin de Sébastien.
67. Variante de 66
On préfère cette version car Sébastien crée un vide en se penchant ce qui ne permet pas à Guillaume de s’ancrer sur son corps. Et contrairement à la précédente situation, celle-ci permet à un petit gabarit d’esquiver la poussée d’un gabarit supérieur.
68.Serge recule sur la poussée de Guillaume par un pas de côté plus ou moins marqué selon la situation, proche du mouvement de ‘jouer la guitare’ dans la forme. Il peut ainsi enchaîner une clef ‘ban’ comme dans la 2ème séquence.
69. Crochet renversé vers le haut
70. Idem mais avec poussée dans le dos
71. Idem mais avec tiré de hanche dans le dos
72. Se servir de la résistance de l’adversaire pour passer dans son dos. C’est une forme subtile de travail sur le ressort dans le tuishou.
73. Esquive en crochet par Serge mais enchaînement Sébastien.
74.Poussée an à 2 mains. Contre de Sébastien avec le mouvement ‘rapporter le tigre à la montagne’ (dernier mouvement de chaque séquence.
75. Idem sous un autre angle
76.Pince oblique sous les bras du pousseur
77. Amorce du mouvement ‘rapporter le tigre à la montagne’ mais transformation en ‘ficher la main’.
78. Noter le bras droit qui met la pression sur le poignet gauche de Serge afin de passer sur l’épaule opposée avec de nouveau une main crochet.
79.2 mains en crochet vers l’intérieur de la garde puis enchaînement an.
Très souvent il faut envisager de reculer d’un pas pour mieux réussir cette technique.
80. Idem mais avec contre en mains serpent sous les coudes de Serge
81.Idem mais avec contre en kao (poussée de l’épaule)
5èmeexercice de base : absorption d’une poussée sur l’épaule
82.
Noter en 1 :tout d’abord la rotation complète du corps acceptant la direction de la poussée.
2 : le bras droit relâché de Serge
3 :le plus important consiste à remonter le corps par un mouvement de vrille qui part de l’intérieur (vers soi). La plupart du temps on voit plutôt une remontée exactement à l’inverse de la direction de la poussée ce qui équivaut à jouer force contre force, principe opposé au principe fondamental du taiji quan à savoir l’utilisation minimale de la force musculaire.
83.‘ippon’
Ce mouvement peut s’effectuer comme une sorte d’ippon en judo.
Noter le mouvement de rotation de Sébastien vers l’arrière qui déracine le pousseur alors qu’une demi rotation pourrait être contrée par Serge.
J’ai découvert cette technique grâce à un adversaire à Taïwan dans une joute amicale. Aussitôt apprise, aussitôt enseignée : pour l’anecdote, Alain Lelarge a gagné le premier tournoi de tuishou organisé aux Pays-Bas en plaçant de très nombreuses fois cette technique, inconnue à l’époque dans le petit monde du taiji quan.
84.En observant la position changeante de la main de Serge sur l’épaule, on comprend en quoi la vrille remontante est efficace.
85.Variante de 84
86. Variante de 84
Mais contre avec le mouvement ‘Saisir la queue de l’oiseau’
87. Variante de 84
Le pas en arrière est motivé par la poussée de Sébastien sur l’omoplate. Ce recul permet aussi de se décaler de côté avec de multiples possibilités de contre. Ici on a un ban mâtiné d’un lie au niveau du poignet, technique qu’on évite d’utiliser en tuishou mais que je montre ici afin de suggérer le potentiel au-delà du tuishou conventionnel.
88. Variante de 87
89. Ce contre en vrille très courte n’est possible qu’en raison de la position de la main gauche de Serge qui n’épouse pas complètement la forme de l’épaule de Sébastien.
90. Contre dit de ‘la corde à linge’
91. Contre en peng
92. Variante de 88
exercice disparu
93 .C’est un grand classique du tuishou, en particulier dans le tuishou fixe : Serge pousse sur le côté droit de la poitrine de Sébastien qui effectue une rotation présentant son épaule opposée à la double poussée de Serge. C’est une situation que j’ai eu l’occasion plusieurs fois de travailler en exercice sous la houlette d’un élève, mémoire vivante des exercices de tuishou de Wang Yen Nien.
94. ;Variante de 93 mais avec une double poussée au niveau du coude.
95. L’exercice est focalisé sur l’absorption de la dernière poussée. Par conséquent, le poussé se positionnera à l’extrême, c’est-à-dire son corps formant 2 angles droits par rapport à celui du pousseur.
Attention :
- Le pied arrière doit former un angle de moins de 90 degrés par rapport au bras pousseur de Serge. Sinon la tentation est de rentrer le genou arrière pour absorber la poussée ce qui est fortement dommageable pour la santé dudit genou. Donc au départ, pratiquez très lentement afin de vérifier que tous les paramètres santé soient présents.
- Vérifiez à tout moment que le genou arrière est à l’aplomb du pied correspondant, ni vers l’intérieur ni ce genou dépassant la pointe du pied.
- Fondamental 1: pour esquiver l’attaque il faut impérativement laisser rouler son épaule en fonction de la poussée. Ainsi on crée un espace mobile dans son corps qui perturbe la sensation du pousseur. Excellent exercice pour le fangsong ‘lâcher prise’
Fondamental 2 : la flexion sur la jambe arrière accentue l’espace mobile.
Fondamental 3 : le tout doit être couplé avec la rotation du bassin
Fondamental 4 : le pied avant doit suivre la rotation du bassin. Excellent exemple du principe des Classiques ‘Une partie bouge, tout bouge
Fondamental 6 : observez la rotation du bassin de Serge sur la poussée.
96.
Poussé au coude, Sébastien laisse partir son bras vers l’avant.
Noter la saisie du poignet qui se fait par le dessus et non par-dessous.
Notez aussi la flexion sur la jambe arrière de Sébastien qui libère la jambe avant et permettra d’autres techniques de contre comme en 99
97. Variante avec déplacement de 95
98 Variante avec déplacement de 96
Ici Sébastien attaque le bras avec une clef sur le coude de Serge basée sur la première phase de ‘la grue blanche lève ses ailes’.
99 Variante de 96
On voit ici l’impact d’un mouvement hélicoïdal plus serré.
100 Détail de 99
Noter la grande hélice du corps en rotation couplé avec une petite hélice au niveau du coude. Je recommande de développer ce double jeu des hélices dans les mouvements lents qui ne dénature en rien les postures habituelles.
101 variante de 98 et 99
Avec poussée dans le dos.
102 Variante de 101, 98, 99. Avec lie sur le bras.
103. Contre en kao sur l’esquive
104 Variante de 102
Avec ban vers le haut qui dépendra des gabarits en présence
Une série détaillée sur cet ‘exercice disparu’
105 . Serge lève volontairement son bras gauche sur l’esquive ce qui peut créer une tension.
106. autre angle de vue du 105
107. idem mais noter la poussée courte de Serge (pas d’extension maximale du bras)
108.cette intervention du bras gauche doit correspondre à un timing précis mais possède l’avantage de varier les contre (tirer, pousser le bras, etc.
109. un contre en clef
110. noter le déplacement latéral et vers l’avant de Philippe afin d’assurer une surface portante stable.
111. noter le léger fléchissement de la jambe arrière de Serge. Sa capacité d’esquive réside à 80% dans cette flexion.
112. noter le corps de Serge qui accepte totalement la poussée et la position de saisie de sa main.
113. idem vu sous un autre angle. Noter les multiples possibilités de contre dans cette position.
114. idem avec poussée sur le bas du dos.
115. idem mais avec lie sur le buste et le dos.
116. idem mais avec ‘la grue blanche déploie ses ailes’. Noter la rotation du bassin et du pied vide.
117. gros plan sur la saisie du poignet.
118 lie, vu sous un autre angle.
Noter que serge ne saisit pas ici avec sa main afin d’être libre soit de pousser sur le bras de Philippe soit en cas de résistance avoir un accès direct sur la poitrine.
119.au lieu d’un lie , simple poussée tournoyante.
120. dans cette esquive en peng, Serge se réserve le droit de saisir comme de pousser le bras de Guillaume. Dans le cas présent, c’est juste un contrôle. Dans ce genre de situation, on observe souvent un défaut de double lourdeur : la puissance de la poussée est autant répartie au niveau de la saisie du poignet que du peng ; du coup ce dernier manque d’efficacité. Or il est ici l’intention principale du contre.
6èmeexercice de base: poussée vers le haut d’un bras en peng
121
Cet exercice est délicat à réaliser correctement ; en effet la plupart du temps les pratiquants de notre style se contentent de décrire un arc de cercle vers l’avant. Dans la réalité d’un tuishou, l’adversaire n’essaie pas de pousser le ciel ! Mais par contre s’il peut bloquer votre bras sur le haut de la poitrine ou pire vers la tête (voir 123)… Il faut donc dans un premier temps induire un léger arc de cercle en creux vers soi afin de créer un vide dans la poussée de l’adversaire. Puis dans la deuxième phase, continuer à accepter la poussée vers le haut (l’un des principes des Classiques mais mal formulé) mais la déviée progressivement de telle manière que les deux bras de l’adversaire poussent finalement dans le vide latéralement à la tête (voir arrêt sur image et le mouvement en solo en 122). Ceci doit être accompagné par une rotation du pied avant suivant la rotation du bassin.
122 Exercice en solo
123 Ce qu’il ne faut surtout pas faire.
124
124 et 125 Le mouvement parfait de Sébastien mais j’avoue que je ne l’ai réussi qu’une seule fois dans un tuishou réaliste.
126 Un contre possible si l’absorption est correctement exécutée
127 Un contre à partir d’un pas de recul. Ne pas oublier que si ces exercices ont été conçus par rapport à des situations fixes, probablement par souci pédagogique, dans un tuishou réaliste le mouvement est la meilleure garantie de neutraliser une poussée.
7ème exercice de base: poussée an sur un peng vers le ventre
128 exercice en solo
Anne-Marie exécute ce mouvement en 2 phases. La première laisse la hanche droite en avant pouvant induire une indication de résistance au pousseur. Dans un deuxième temps les hanches sont alignées permettant ainsi une plus grande variété d’esquives.
129 esquive en lü
Noter le pas de contournement d’Anne-Marie typique du bagua zhang qui est rendu possible parce qu’Anne-Marie exécute un lü ‘fouetté’.
130 esquive en ‘fermeture apparente’
Noter un aspect fondamental de cette ‘fermeture apparente’ : Anne-Marie ouvre sa main paume vers le ciel, changeant ainsi l’appui de Sébastien (observer attentivement ses mains, surtout la droite). Ce n’est qu’après son pas de recul et la saisie du poignet de Sébastien que le bras droit d’Anne-Marie décrit un angle droit avec son bassin ce qui devrait faire réfléchir sur le mouvement lent de la fermeture apparente dans notre style.
131 idem mais esquive avec un ban
132 idem mais esquive avec la première phase de ‘la grue blanche déploie ses ailes’
133 idem mais suivi d’un ‘ficher la main’
Noter que Serge aurait pu déployer complètement ‘La grue blanche déploie ses ailes’ en remontant au préalable le bras de Sébastien. A vous de vous amuser dans toutes sortes de combinaisons.
134 idem mais accompagné d’un mouvement de protection de l’autre main par Serge.
135 idem mais contre en kao
8ème exercice de base : poussée à une seule main qui équivaut dans la forme à la ‘fermeture apparente’
136 S’il est un exercice de base que place au plus haut niveau de la liste, c’est bien celui-là. Je le pratique entre 200 et 300 fois par jour et je ne m’en lasse pas car il est au fondement de la plupart de mes esquives en tuishou libre.
Observez bien la rotation de la main d’Anne-Marie qui neutralise ainsi la plus grande partie de la puissance de poussée de Sébastien.
Notez également la forme ovoïde/elliptique que décrivent les deux mains en action des deux partenaires.
Ne pas oublier la rotation du pied avant suivant le bassin.
Quand Anne-Marie pousse avec succès Sébastien c’est que celui-ci n’a pas assez pivoté sa main laissant une large surface portante à celle de Anne-Marie. Une fois maîtrisée et comprise, cette trajectoire peut être pratiquée à des vitesses différentes.
137 idem mais avec un autre type d’attaque.
Noter le contraste entre les bras gauche d’Anne-Marie et celui de Sébastien. Celui de Sébastien ne laisse aucune indication sur le type de contre qu’il pourrait enclencher avec ce bras gauche. Au contraire le bras d’Anne-Marie reste au même endroit ce qui donne une indication claire sur une attaque de ce côté : c’est un défaut que nombre de pratiquants ont dans cet exercice.
138 idem mais attaque en lü semi-fouetté.
139 idem mais avec attaque dans le dos
140 idem mais avec une poussée an
141 idem mais une double poussée simultanée sur le bras de Sébastien
142 idem mais avec un tiré du bras
143 idem mais avec un tiré générant une propulsion vers l’avant et de contournement.
144 idem mais avec une démonstration de 2 amorces différentes de peng
145 un défaut anodin en apparence
Le pied avant d’Anne-Marie n’entre pas en rotation avant son attaque si bien qu’elle est obligée de faire un petit pas de recul pour ouvrir son pied d’appui et enclencher un peng. Son pied en rotation, elle aurait pu attaquer à la fin de son esquive au moment où son talon partait vers l’avant. C’est un défaut très souvent observé dans cet exercice.
146 clé avec tout le corps. Noter que la main droite de Serge n’a pas besoin de saisir.
147 vu du dessus, ce qu’il ne faut pas faire
148 version efficace.
149 position extrêmement importante dans an sur peng. Exercice disparu
La plupart du temps on observe les pratiquants pousser avec an les deux mains sur l’avant-bras du poussé comme dans le début de la vidéo. Observez bien une position réaliste qui place le pouce et la ligne de l’index sur le coude alors que le reste des doigts se collent sur le côté du coude. Voir les implications dans les vidéos suivantes.
150 Sébastien montre des transformations possibles sans changement de position de la main appliquée sur le coude ou du moins avec des changements minimes difficilement décelables par l’adversaire.
151 poussée en lü.
Il faut juste prêter une grande attention à ce que l’impulsion de la poussée vienne d’abord de la partie de la main collée sur le côté du coude pour ensuite maintenir le bras de l’adversaire avec ‘la bouche du tigre’. On voit clairement ici la possibilité pour Sébastien d’enclencher un peng.
152 idem mais avec le soutien de l’autre main qui pourrait en fin de mouvement devenir le principal vecteur d’une poussée tournante autour du cou.
153 idem mais avec un an vers le bas
154 idem mais plus rusé que moi tu meurs ! Mais attention à la double rotation du bassin pour le pousseur comme ici Sébastien.
155 juste pour information : efficace mais à ne pas pratiquer au tuishou. Mais par contre on peut s’entraîner à éviter cette clef : très instructif pour le lâcher prise.
156 poussé-tiré. Noter l’importance d’épouser la forme du bras avec sa main gauche pour Sébastien et non pas avoir les doigts dressés dans le vide.
157 idem mais avec crochet au niveau du coude.
158 idem mais avec poussée sous le coude vers le haut.
159 Mouvement de décroisé de ‘la fermeture apparente’ : SD
N’ayant jamais vu personne dans notre style de taiji quan être capable de décroiser les bras avec un minimum de force quand ceux-ci sont bien tirés latéralement et pressés fortement sur la poitrine, je me suis appuyé sur les apprentissages du qinnashou avec le professeur Wang Jie à Taipei pour résoudre ce problème de manière réaliste. Voici donc quelques exemples de dégagements parmi de nombreuses possibilités en fonction de la résistance du pousseur.
Deux conditions essentielles pour réussir le décroisé.
- Mettre le poids du corps sur l’une des mains qui saisit ce qui fait que Fabienne doit du bout du levier qu’est sa main supporter une partie de mon poids. On oblige ainsi l’adversaire à changer sa position.
- Creuser la poitrine afin de laisser passer l’autre main et la détourner de sa trajectoire.
A partir de ce constat, toutes les combinaisons sont possibles en fonction de l’évolution de l’interaction : voir, 160, 161, 162, 163, 164 et 165, 166, 167, 168, 169, 170
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